Julia Sharkina
PLIS DE LA MÉMOIRE
2021 · installation textile et performance solo (17 toiles)

L’œuvre est née à l’approche de l’anniversaire de Julia Sharkina, comme une tentative de fixer dans la matière sa première année de vie à Saint-Pétersbourg. En examinant ses habitudes et ses images récurrentes, elle a remarqué qu’elle se raconte à travers quelques histoires importantes, et a transformé chacune d’elles en toile. Pour ce travail, elle a loué son premier atelier, rue Mokhovaïa. En un mois, elle y a cousu et teint dix-sept toiles de coton de 1,20 × 1,20 m : elle a dilué des pigments secs dans une solution qu’elle a préparée elle-même. C’est dans ce même atelier qu’elle a enregistré le son de la bande audio, avec l’aide de l’artiste Andrey Svibovich.

Dans la performance, on entend des histoires enregistrées de sa propre voix, en russe : son premier souvenir, la naissance de ses enfants, la mort de son premier mari, les relations, les ruptures, la trahison. Chaque histoire est liée à une toile. Pendant qu’une histoire se déroule, Sharkina noue le tissu autour d’elle comme une jupe. Les voix se superposent comme un écho, et à la dernière histoire elles résonnent toutes en même temps. Dans l’espace intime, le public entend la bande audio, mais aussi sa respiration, ses pas, le froissement du tissu. Le tissu s’alourdit, et l’artiste perd la forme humaine : elle devient un amas de tissu et peut à peine bouger.

Dans la deuxième partie, elle retire les toiles une à une et dénoue le fil de son histoire. L’œuvre s’achève sur un corps nu et la phrase « Je suis née. »

Même les souvenirs les plus lumineux nous empêchent d’avancer et nous ramènent au moment où ils ont eu lieu. Le spectateur est invité à démêler cet amas et à décider ce qu’il en retiendra.

Matériaux : textile (coton), pigment sec, corps, voix

Présentations :
21 juillet 2021 — studio d’arts performatifs « Sdvig », Saint-Pétersbourg
25 juillet 2021 — Noor Bar Electro, Moscou

Photographe : Maxim Gratchev
Made on
Tilda